Comment gérer la fatigue due à l’effort chez le chien ?
Comment gérer la fatigue en amont de l'effort ?
Par la nutrition
La nutrition est une partie essentielle de la performance : selon le type d’effort (très rapide/sprint, intermédiaire ou endurance), on choisira un aliment plus ou moins riche en glucides et en lipides. Dans tous les cas, les aliments de sport pour chien sont plus caloriques (donc plus riches en lipides) que les aliments pour chiens adultes classiques.
Si vous utilisez un aliment différent en saison et hors saison sportive, pensez toujours à réaliser une transition sur plusieurs semaines (c’est le temps nécessaire à l’organisme pour s’adapter à une grosse augmentation du taux de lipides dans l’alimentation). Privilégiez des aliments facilement digestibles, et de bonne qualité nutritionnelle.
Remarque : chez le jeune chien, il peut y avoir des « coups de mou » pendant ou après l’entraînement, qui sont parfois liés à une glycémie un peu plus fluctuante que chez le chien pleinement adulte (à partir de 2 ans). Sur la première saison, il peut être intéressant de snacker après les entraînements pour reconstituer le stock de glycogène musculaire (par exemple, avec de la maltodextrine), si vous constatez que votre chien a une baisse de forme après l’entraînement.
Par l’hydratation
L’hydratation est également importante pour la performance, et notamment en termes de timing : toujours hydrater quelques heures avant l’entraînement, et également après l’entraînement (on peut adjoindre quelques croquettes ou de la maltodextrine pour inciter le chien à boire).
Par l’entraînement
L’entraînement chez le chien, comme chez l’Homme, a pour objectif d’optimiser les capacités musculaires, habituer les organes à l’effort, et repousser le seuil de fatigue. Il apporte de nombreux bénéfices, tant au niveau du métabolisme (meilleur rendement énergétique, meilleure réponse au stress biologique, élimination plus rapide des lactates), qu’au niveau cardio respiratoire (le cœur se « muscle », le corps produit plus de globules rouges, les échanges respiratoires sont plus efficaces), cellulaire (meilleur rendement énergétique, augmentation des enzymes de protection cellulaire) et musculaire (augmentation de la résistance et de la déformabilité des muscles et des tendons, développement de la masse musculaire).
Le principe de surcompensation
On en entend beaucoup parler en course à pied : qu’est-ce que le principe de surcompensation ? L’organisme, après un entraînement (suffisamment intense) et une période de récupération (qui varie selon la difficulté de l’entraînement), met en place des mécanismes qui permettent non seulement de revenir à l’état initial, mais de le « dépasser » = de progresser (cf schéma ci-dessous). Si l’effort n’est pas suffisant, il n’y a pas de progrès, mais si l’effort est trop intense, il y a risque de blessure.
Ce principe est à utiliser judicieusement pour éviter un sur ou un sous-entraînement de votre chien. Bien utilisé, il permet de déterminer un calendrier d’entraînement : avec une charge continue, ou une charge variable (cf schémas ci-dessous). L’espacement adéquat des séances permet d’augmenter le niveau global de performance. Si le temps de repos est trop court, on risque le surentraînement (avec risque accru de blessures, fatigue physique et mentale, conséquences physiologiques diverses plus ou moins graves). À l’inverse, si le temps de repos est trop long, au mieux on ne progresse pas, au pire il y a sous-entraînement (avec baisse de performance).
Dans tous les cas, lors de fatigue à l’effort ou de baisse de motivation, pensez toujours au surentraînement !
Les types d’entraînement
Lorsque l’on entraîne un chien, on peut travailler sur différents paramètres :
- Endurance : l’endurance permet de maintenir un effort (d’intensité moyenne) sur une durée prolongée. Suivant le type d’effort visé, l’entraînement en endurance aura plus ou moins de place dans le plan d’entraînement, mais il doit toujours y en avoir, c’est la base de l’entraînement. Par exemple : course à vitesse modérée (« footing ») pendant 1 heure, sans grosse difficulté de terrain.
- Résistance : La résistance est légèrement différente de l’endurance : c’est la durée pendant laquelle un muscle ou un groupe musculaire peut fonctionner à sa capacité maximale ou presque (et pas juste la durée pendant laquelle le muscle peut fonctionner). Elle peut se travailler par exemple avec de la nage, de l’entraînement par intervalles (fractionné), de la montée/descente de buttes.
- Puissance : c’est le produit de la vitesse et de la force. C’est la capacité à produire un mouvement avec une intensité maximum (à la fois avec force, mais aussi avec la plus grande vitesse possible). Là encore, selon le type de sport pratiqué, les entraînements en puissance prendront plus ou moins de place dans le planning.
Exemple de force musculaire pure : effort très court et très intense : saut, sprint, weight pulling. o Exemple de travail de puissance musculaire anaérobie : périodes de travail très courtes à courtes (de 15 secondes à 60 secondes) et repos modéré (2-4 minutes), pour travailler la rapidité d’accès à la vitesse maximale à lancer de balle d’un bout à l’autre d’un terrain, avec 2 humains : vitesse maximale sur une très courte période, puis récompense avec la balle, et repos avant de recommencer sous forme d’aller-retours. (NB : si le temps de repos est plus court, ce même exercice peut devenir un exercice de résistance).
- Vitesse : Cette qualité sera travaillée dans les sports où l’effort demandé est court (course de lévriers, agility…) mais est utile aussi à travailler en canicross par exemple, pour permettre les relances de vitesse et les accélérations. On la travaille en même temps que la puissance, sur des exercices de fractionné plus ou moins longs.
- Mobilité : c’est souvent le parent pauvre de l’entraînement (y compris chez l’humain). La mobilité concerne les articulations, les muscles, les fascias… Elle comprend des exercices actifs de mobilité, du renforcement musculaire, de la proprioception, et des étirements.
- Puissance aérobie : fractionné plus long (plusieurs minutes), pour augmenter la capacité de transport de l’oxygène.
Vous l’aurez compris, pour limiter la fatigabilité à l’effort, l’entraînement de votre chien doit être bien construit, équilibré, et varié.
Gérer la fatigue de son chien pendant l'effort
Pendant les efforts moyens à longs (canitrail, mi-distance, longue distance), il vous faudra prévoir de snacker et/ou hydrater votre chien en cours d’effort. Comme chez l’homme, le snacking ou l’hydratation en cours d’effort doivent être testés sur plusieurs entraînements pour vérifier la tolérance du chien (notamment avec le snacking) et confirmer l’intérêt pour la performance de celui-ci. En canitrail également, faites toujours attention au risque de coup de chaleur (notamment au printemps quand les températures commencent à monter), et pensez à mouiller régulièrement votre chien lors d’un effort long (sur le ventre, les plis axillaires et inguinaux, pour favoriser le rafraîchissement).
Après l'effort
Nutrition et hydratation
Après l’effort, une fois que le chien ne halète plus ou presque plus, vous pouvez le réhydrater, et éventuellement le snacker pour reconstituer les stocks de glycogène musculaire (maltodextrine). Attendez un peu après l’effort pour ne pas risquer de trouble digestif, mais n’attendez pas trop non plus (< 1h post effort).
Massages, étirements
Les massages sont un très bon moyen d’aider votre chien à récupérer après un effort. Vous masserez les muscles des membres, du dos, du cou, les abdominaux… Le massage doit être fait en douceur (un peu fermement, mais pas douloureux), plutôt lentement, afin de soulager les masses musculaires et aider à évacuer les lactates.
Pour les étirements : privilégiez toujours les étirements actifs : ceux où le chien décide lui-même de l’amplitude de l’étirement (en le faisant suivre une croquette par exemple).

