Choisir l’alimentation de son chien : l'avis d'une experte

Choisir l’alimentation de son chien devrait être un geste simple. Mais dans les faits, c'est plutôt l'inverse. Des dizaines de références alignées en rayon, des promesses toutes plus séduisantes les unes que les autres, des compositions difficiles à déchiffrer et des prix qui varient du simple au triple pour des produits présentés de la même façon. Ajoutez à cela les avis contradictoires trouvés sur les réseaux sociaux, les conseils bien intentionnés de l'entourage et cette petite voix qui souffle qu'on ne fait peut-être pas assez bien : difficile de savoir sur quel pied danser. Chez Nourrir Comme La Nature, nous pensons qu'il n'existe pas de croquette ou pâtée miracle, valable pour tous les chiens et en toutes circonstances. Il existe en revanche des repères accessibles à tous, pour transformer un choix subi en choix éclairé. Voici donc un guide pour y voir plus clair, puis l'avis de Camille, l'une de nos spécialistes en nutrition, qui a consacré tout un ouvrage à cette question.
Cet article en bref
- Choisir une alimentation adaptée à son chien : âge, poids, activité, stérilisation et état de santé influencent ses besoins nutritionnels. Il n’existe pas d’aliment idéal pour tous les chiens.
- La liste des ingrédients et les constituants analytiques apportent des informations utiles pour comparer les croquettes au-delà des arguments marketing.
- Veillez à comparer la densité énergétique, car connaître les calories apportées par un aliment permet d’ajuster les quantités distribuées et d’évaluer son coût réel par ration.
- Attention aux idées reçues, car les croquettes sans céréales ne sont pas nécessairement meilleures et aucune méthode d’alimentation (croquettes, ration ménagère ou BARF) n’est supérieure dans toutes les situations.
Le guide pour bien choisir les croquettes de son chien
Avant de comparer des aliments, il faut savoir ce que l'on cherche à couvrir. Un chien n'a pas besoin d'une marque, il a besoin d'une certaine quantité d'énergie et de nutriments, chaque jour. Ce besoin dépend d'abord du poids, mais pas de façon proportionnelle : un chien de 40 kg ne mange pas quatre fois plus qu'un chien de 10 kg.
Viennent ensuite les facteurs individuels qui font toute la différence : l'âge, le stade physiologique, le niveau d'activité réel (une heure de promenade tranquille n'est pas un entraînement de canicross), la stérilisation, qui abaisse nettement les besoins énergétiques, l'état corporel actuel, ou encore d'éventuelles sensibilités digestives ou cutanées. Deux chiens de même poids peuvent ainsi avoir des besoins qui varient du simple au double.
Bien lire une étiquette de croquettes
Sur un paquet, vous aurez parfois deux discours. Celui de la face avant, qui relève du marketing et n'engage à peu près rien. Et celui du dos, réglementé, qui contient l'essentiel de l'information utile.
La liste des ingrédients est présentée par ordre décroissant de poids. Attention toutefois : ce poids est celui des matières premières avant cuisson. Une « viande fraîche » placée en tête de liste contient environ 70 % d'eau, qui disparaîtra au séchage. Méfiez-vous aussi des dénominations très générales, qui recouvrent des qualités extrêmement variables, et des listes fractionnées où un même type d'ingrédient est découpé en plusieurs lignes, ce qui le fait mécaniquement descendre dans le classement. On en parle dans cet article dédié.
Les constituants analytiques donnent les taux de protéines, de matières grasses, de cellulose, de cendres et d'humidité. Vous remarquerez qu'il manque une information majeure : les glucides, qui ne sont jamais affichés directement alors qu'ils représentent souvent une part importante de la recette. Bonne nouvelle, ils se retrouvent par simple soustraction à partir des autres valeurs. C'est un calcul de trente secondes qui change beaucoup de comparaisons. Attention, c’est un indicateur très théorique qu’il faut prendre avec du recul.
La densité énergétique : le chaînon manquant
Deux croquettes peuvent afficher des compositions proches et ne pas apporter du tout la même quantité d'énergie par gramme. Cette densité énergétique, exprimée en kilocalories par kilo, détermine directement la quantité à distribuer. Sans elle, impossible de comparer honnêtement deux produits, ni sur le plan nutritionnel, ni sur le plan du budget : un aliment plus cher au kilo mais plus dense peut revenir moins cher à la ration. Elle permet aussi de sortir de la dépendance aux tableaux de rationnement figurant sur les sacs, souvent généreux et calibrés sur un chien moyen qui n'existe pas.
Croquettes, ration ménagère, BARF : sortir du match
Chaque mode d'alimentation a ses exigences propres : les croquettes demandent de savoir lire et comparer, la ration ménagère et le BARF demandent une formulation rigoureuse et une complémentation adaptée, faute de quoi les déséquilibres, notamment minéraux, s'installent sans bruit.
Aucune de ces approches n'est intrinsèquement supérieure. Ce qui compte, c'est l'adéquation entre la ration, le chien qui la reçoit et la personne qui la prépare, avec son temps, son budget et son organisation. Une ration ménagère idéale sur le papier mais impossible à tenir six mois durant sera toujours moins bonne qu'un aliment industriel bien choisi.
Relativiser les idées reçues
Beaucoup d'affirmations circulent avec une assurance que les données ne justifient pas. Le « sans céréales » n'est pas une garantie de qualité en soi : les céréales y sont remplacées par d'autres sources d'amidon, et le taux de glucides final n'est pas toujours plus bas. Les protéines n'abîment pas les reins d'un chien sain. Les croquettes ne nettoient pas les dents de façon significative. Et un chien qui se jette sur sa gamelle ne prouve pas que l'aliment lui convient, seulement qu'il est appétent.
Rien de tout cela n'est un procès. C'est simplement une invitation à s'appuyer sur des repères vérifiables plutôt que sur des slogans.