1 min 30/01/2026

Y a-t-il des ingrédients à éviter dans les croquettes pour chiens et chats ?

Les croquettes constituent aujourd’hui la base de l’alimentation de la grande majorité des chiens et des chats. Pratiques, stables sur le plan sanitaire, faciles à distribuer et capables de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels lorsqu’elles sont bien formulées, elles sont pourtant au cœur de nombreuses inquiétudes.

Internet, les réseaux sociaux et certains discours marketing ont largement diffusé l’idée que les croquettes contiendraient des ingrédients toxiques, inadaptés, voire dangereux pour la santé des animaux.

En tant qu’agronome spécialisée en nutrition animale et en petfood, je tiens à être très claire : la plupart de ces affirmations ne reposent pas sur des bases scientifiques.

La vraie question n’est pas « quels ingrédients faut-il éviter ? ». Mais bien plutôt : est-ce que l’aliment est adapté aux besoins physiologiques de mon animal, et formulé par un fabricant sérieux ?


Les croquettes : une alimentation largement utilisée (et pas par hasard)

Chez le chien comme chez le chat, l’alimentation repose majoritairement sur des aliments industriels complets, principalement des croquettes, parfois complétées par de l’alimentation humide.

Contrairement à une idée reçue, les croquettes ne sont pas un choix par défaut, mais une solution nutritionnelle cohérente lorsqu’elles sont bien formulées.

En pratique, les problèmes de santé liés à l’alimentation sont bien plus souvent dus à des excès énergétiques, des apports inadaptés en protéines ou en matières grasses, des déséquilibres minéraux ou une inadéquation entre l’aliment et le profil de l’animal (âge, activité, stérilisation…) qu’à la présence d’un ingrédient prétendument “toxique”.


Y a-t-il réellement des ingrédients à éviter dans les croquettes ?

Le mythe des « ingrédients toxiques »

En Europe, aucun ingrédient toxique n’est autorisé dans l’alimentation animale.

Les matières premières, les additifs, les conservateurs et les colorants sont strictement encadrés par la réglementation européenne.

Un aliment pour chiens ou chats mis sur le marché doit être sûr, sain, traçable et conforme aux exigences réglementaires. L’idée selon laquelle certaines croquettes contiendraient volontairement des substances dangereuses est donc fausse.


La pomme de terre est-elle indigeste ?

La pomme de terre est régulièrement pointée du doigt, notamment dans les discours anti-croquettes ou “sans amidon”.

Pourtant, l’amidon de la pomme de terre est très bien digéré lorsqu’il est correctement cuit, ce qui est le cas dans les procédés d’extrusion.

Elle est d’ailleurs utilisée depuis longtemps dans des aliments vétérinaires digestifs, des régimes d’éviction et des formules pour animaux sensibles.

La fécule de pomme de terre est stable et déjà transformée à son arrivée en usine. Elle assure souvent de très bons taux de gélatinisation et des productions homogènes : exactement ce que l’on recherche pour nourrir des animaux sensibles. 


Blé, maïs, riz : des céréales injustement diabolisées

Le blé et le maïs sont souvent accusés d’être responsables d’allergies, de troubles digestifs ou de prise de poids

Scientifiquement, ces affirmations ne tiennent pas.

• Le chien digère très bien l’amidon.

• Le maïs n’est pas un allergène majeur chez le chien ou le chat.

• Les véritables allergies alimentaires concernent majoritairement des 
protéines animales, et restent rares.


Le maïs : l’un des ingrédients les plus mal compris du petfood

Le maïs est souvent présenté comme un “remplisseur” ou un ingrédient de mauvaise qualité. En réalité, c’est un ingrédient fonctionnel, utilisé pour ce qu’il fait bien. Il ne “rempli” ni plus ni moins que du riz ou de la patate. 

Sur le plan de l’appétence, le maïs donne d’excellents résultats chez le chien. Les réactions de brunissement lors de la cuisson développent naturellement des arômes attractifs, contribuant à une prise alimentaire régulière, sans artifice excessif.

Sur le plan nutritionnel, le maïs n’est pas utilisé comme source principale de protéines, mais comme complément :

• Il apporte de la méthionine, intéressante pour équilibrer certains profils protéiques,

• Son huile est riche en acide linoléique, un acide gras essentiel chez le chien,

• Son amidon est très hautement digestible lorsqu’il est correctement extrudé.

Enfin, le maïs est un ingrédient extrêmement stable en fabrication, ce qui permet une constance de digestibilité et de qualité d’un lot à l’autre. En nutrition animale, cette constance est un vrai gage de sérieux.

👉 Le problème n’est donc pas le maïs, mais l’excès de glucides ou une formulation déséquilibrée.


Le blé : un ingrédient technique, pas un ennemi nutritionnel

Le blé souffre d’une image très négative, souvent calquée sur des problématiques humaines qui ne sont pas transposables telles quelles au chien et au chat.

Le blé est utilisé en petfood comme source d’amidon, au même titre que le riz, le manioc ou la pomme de terre. Son rôle est d’apporter de l’énergie digestible et de participer à la structure de la croquette.

La digestibilité du blé dépend exclusivement de son degré de gélatinisation. Ni le chien ni le chat ne digèrent l’amidon cru. En revanche, lorsque l’amidon est correctement gélatinisé lors de la cuisson et de l’extrusion, sa digestibilité dépasse 97 %.

Dans les procédés industriels sérieux, ce paramètre est mesuré et contrôlé en laboratoire. Un blé correctement transformé est donc parfaitement digestible, y compris chez le chat, dont les besoins en amidon restent plus modérés que ceux du chien.

Concernant les réactions indésirables aux aliments, les données scientifiques montrent qu’elles sont majoritairement liées à des protéines d’origine animale et que le blé est impliqué dans une minorité de cas.

👉 Le blé peut poser problème chez certains individus, comme n’importe quel ingrédient, mais il n’est en rien un allergène majeur

Le problème n’est donc pas la présence de céréales, mais leur proportion excessive au détriment des protéines et des lipides, ce qui peut effectivement conduire à un aliment mal adapté.

 

Colorants, additifs, conservateurs : remettre les choses à leur place

Autre peur fréquente : celle des additifs.

En réalité, les conservateurs artificiels les plus décriés (BHA, DHT) ont largement disparu, remplacé par des antioxydants d’origine naturelle (dérivé de la vitamine E). On notera également que les colorants utilisés aujourd’hui sont majoritairement d’origine naturelle même dans les croquettes à petit budget (curcuma pour le jaune, betterave pour le rouge, spiruline pour le bleu/vert, carotte pour le orang…). 

Enfin, les additifs (vitamines, antioxydants, oligo-éléments) sont indispensables pour garantir la stabilité et l’équilibre nutritionnel.

Un aliment “sans additifs” n’est pas un gage de qualité. C’est même souvent l’inverse. C’est un aliment non complet et non équilibré.


Ce que l’étiquette ne permet pas de savoir

Même avec une liste d’ingrédients complète et détaillée, il est impossible de juger la qualité réelle des matières premières à partir de l’étiquette seule.

Prenons l’exemple du poulet. Sous cette appellation réglementaire, il existe de nombreuses qualités de matières premières différentes sur le marché du petfood, avec des profils nutritionnels variables, des digestibilités très différentes et des coûts allant du simple au multiple.

Deux croquettes affichant “poulet” en premier ingrédient peuvent donc être nutritionnellement très éloignées, sans que cela ne soit visible pour le consommateur.

C’est valable pour tous les ingrédients : riz, blé, pois, pommes de terre, poissons, huiles…


La transformation des ingrédients : un facteur invisible mais déterminant

Un autre élément fondamental n’apparaît jamais sur l’étiquette : le travail technologique appliqué aux matières premières.

La digestibilité d’un ingrédient dépend notamment de la mouture, de la cuisson, du degré de gélatinisation de l’amidon, du procédé d’extrusion et de l’équilibre global de la recette.

Un riz, un blé ou des pois peuvent être très digestes… ou beaucoup moins, selon l’expertise du fabricant.
 
Aucune étiquette ne permet d’évaluer ce savoir-faire.


« Viande » : un terme abusif et trompeur

Le mot viande est probablement l’un des plus mal compris en petfood.

Dans la grande majorité des cas, les matières premières d’origine animale utilisées en croquettes sont des sous-produits animaux de catégorie 3. Ils sont autorisés, sains, propres à la consommation animale, mais non destinés à l’alimentation humaine.

Catégorie 3 ne signifie ni “déchet”, ni “mauvaise qualité”, ni “danger”. Mais cela signifie clairement que le terme viande, tel qu’il est perçu par le consommateur, ne correspond pas à la réalité du petfood.

Le mot rassure, mais il ne renseigne ni sur la qualité nutritionnelle, ni sur la digestibilité, ni sur la valeur biologique réelle des protéines.


Comment choisir des croquettes de qualité ?

Un bon aliment se juge avant tout sur :

• son adéquation nutritionnelle,

• ses apports en protéines et en matières grasses,

• son équilibre minéral,

• son adaptation à l’âge, au statut physiologique et à l’activité de l’animal,

• et le sérieux du fabricant.

👉 On ne choisit pas un bon aliment sur un mot-clé, une promesse ou une liste “jolie”. 

👉 On choisit un aliment cohérent, formulé avec rigueur, et suivi dans le temps.

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Les conseils de Charlotte

  • Non, il n’y a pas d’ingrédients toxiques cachés dans les croquettes.
  • Oui, céréales, pommes de terre ou pois peuvent parfaitement avoir leur place.
  • Non, la liste d’ingrédients ne permet pas d’évaluer la qualité réelle d’un aliment.
  • Et non, le mot “viande” n’est pas un critère fiable en soi.

La nutrition animale est une science, pas une croyance. Et c’est en sortant des peurs infondées que l’on fait de vrais choix bénéfiques pour la santé de nos chiens et de nos chats.