Alimentation pour les chiens diabétiques

Priorité aux mesures hygiéniques
Chez le chien, la mise en place d’une alimentation spécifique pour animal diabétique a moins d’importance que chez le chat. En effet, ce type de diabète est plus insulino-dépendant qu’aliment-dépendant, ce qui signifie que l’essentiel de la prise en charge repose sur les injections d’insuline et que la modification de l’alimentation n’est pas une obligation.
Cependant, pour maximiser les chances d’efficacité de ce traitement, il est important d’adopter certaines bonnes pratiques :
- Distribuer les repas à heures fixes avant l’injection d’insuline. Ne pas faire l’injection si l’animal ne mange pas (et consulter son vétérinaire pour identifier la cause de l’anorexie).
- Garder un type d’aliment constant. Toute variation de menu va entraîner un pic de glycémie différent et gênera sa stabilisation par l’insuline.
- Tout changement d’alimentation doit être suivi d’un contrôle médical de la courbe de glycémie pour ajuster la dose d’insuline en fonction.
Adapter le plan nutritionnel à l'état corporel du chien
Selon l’impact de la maladie sur l’animal, plusieurs cas de figure peuvent se présenter. L’objectif est de maintenir l’animal à son poids de forme.
Si celui-ci est en surpoids ou obèse, la mise en place d’une ration à visée de perte de poids sera intéressante pour éviter tout facteur aggravant le diabète. Pour cela, l’utilisation d’un aliment pauvre en calories, riche en protéines de qualité et en fibres non solubles, sera recommandée (soit un aliment « à visée de perte de poids »). À l’inverse, si l’animal a tendance à perdre du poids à cause de son diabète, l’objectif sera de lui apporter plus de calories pour favoriser un retour à son poids de forme. Pour cela, le choix d’un aliment plus riche en lipides est pertinent. Un teneur en matière grasse supérieure à 15% est à privilégier ainsi qu’un aliment hyperdigestible pour optimiser les apports.
Des nutriments à privilégier ou à éviter dans l'alimentation du chien diabétique
Les fibres insolubles sont intéressantes, car elles vont limiter l’absorption du glucose et permettre de limiter la quantité d’insuline nécessaire à la prise en charge thérapeutique. Un apport renforcé en oméga 3 EPA et DHA soutiendra l’état inflammatoire chronique de l’organisme souffrant de diabète et d’autres pathologies associées (pancréatite chronique, obésité…). Cet apport peut se faire via l’aliment complet ou alors avec des gélules d’EPA/DHA. Les sucres simples sont très peu présents dans les aliments industriels pour chiens.
Par contre, il faut éviter les apports “à-côté” sous forme de friandises. Il convient de ne pas proposer de gâteaux, fruits et autres restes de tables sucrés pour éviter les pics de glycémie. Les sucres complexes (amidon) apportés en quantité normale ne posent pas de problème. La notion d’indice glycémique est peu consensuelle, car sa valeur semble beaucoup dépendre du microbiote. Ce n’est donc pas un critère pertinent et fiable surtout en alimentation des carnivores. Il ne faudra pas oublier les autres besoins nutritionnels non liés au diabète.
Par exemple, pour un animal sénior, l’aliment devra contenir peu de phosphore (<1%). Pour un animal atteint de pancréatite chronique, il faudra restreindre l’apport en lipides (<15%). C’est pourquoi la mise en place d’un plan nutritionnel dans le cas d’un animal diabétique doit être réalisée sur conseil de votre vétérinaire.
La priorité est de mettre en place une alimentation appétente pour le chien afin de garantir sa prise alimentaire au moment des injections d’insuline. Cette alimentation peut être industrielle, ménagère ou mixte, le tout est de la faire valider par un vétérinaire qualifié. Ensuite, l’objectif est que le chien soit à son poids de forme, l’apport calorique sera donc calculé en fonction de l’état corporel du chien. Un apport en fibres non solubles et EPA/DHA est intéressant dans tous les cas. Ainsi, les aliments les plus adaptés au soutien du diabète seront :
- Un aliment à visée de perte de poids pour un animal obèse ;
- Un aliment riche en matière grasse (>15%) pour un animal qui perd du poids (sauf cas de pancréatite chronique) ;
- Un aliment remplissant ses besoins physiologiques si l’animal est à son poids de forme.